Naturopathe herboriste phytothérapeute

Écouter battre la forêt

Les outils narratifs

Ne ratez plus aucuns articles, abonnez-vous à ma newsletter et recevez votre guide de cueillette en cadeau !

« La vie n’a de sens que celui que l’on veut bien lui donner ».

J’enfonce peut-être une porte ouverte pour certains, mais croyez-moi, jusqu’ici, je pensais moi aussi avoir fait le tour de la question. Et puis finalement, confortablement installé dans ma représentation du monde, je me suis endormi sur le sens que j’ai donné à ma vie, qui m’est revenue en pleine figure comme un boomerang. Le bénéfice de ce retour de bâton ? Me remettre le nez dans les prémices nécessaires à notre phrase d’introduction : Si la vie a le sens qu’on lui donne, c’est bien parce qu’initialement… Elle n’en a pas.

Aujourd’hui, j’inaugure un nouvel arc de contenu. Et vous l’aurez compris, on ne va pas parler de plantes. Alors oui, je vais toujours vous parler de plantes dans d’autres contenus, et puisque le concept s’appelle « phytosophie », c’est bien que je cherche tout de même à garder un pied dans le végétal ! Je ferai donc certainement des analogies en utilisant nos amies les plantes. Mais je tiens à sortir de ma zone de confort et à lancer mes radicelles à l’exploration de nouvelles terres.

Dans les vidéos à venir, j’ai envie d’aborder des concepts et des sujets philosophiques, de parler de psychologie, de zététique et de m’employer à quelque chose d’important à mon sens : la déconstruction de la pensée et de la perception des choses. Car, une fois que l’on a construit son paradigme, il est à mon sens vital de ne pas le considérer comme acquis et de chercher tant que faire se peut à le déconstruire. Pourquoi vital ? Parce qu’à mon sens, croire en son paradigme est inévitable et nécessaire, mais le risque à cela est évidemment de finir par y croire aveuglément et de devenir… dogmatique. (Et le dogmatisme, c’est caca.)

Kant aurait dit : « On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter. » Et je me permets d’ajouter, avec un peu d’orgueil cavalier : “Qui pense avoir trouvé la vérité l’a déjà perdue.” En d’autres termes, mon credo, inconfortable au possible, est le suivant : « Et si, finalement, j’avais tort ? ». Aujourd’hui, je vous propose donc de vous emmener avec moi dans cette aventure. Et pour commencer, il va me falloir vous parler des outils narratifs ou « comment est-ce qu’on se raconte le monde ». Qu’est-ce qu’un outil narratif ?

Pour bien cerner ce qu’est un outil narratif, j’ai envie de revenir sur la définition des deux mots qui composent le concept : « Outil » d’un côté, qui par définition est un objet fabriqué qui sert à agir sur la matière, à faire un travail. « Narratif » dans un second temps, qui par définition désigne ce qui est relatif à la narration, ou l’art de raconter les choses de manière plus ou moins littéraire. Un outil narratif est donc un objet conceptuel qui permet d’agir sur la narration : de la modeler, de la structurer ou de la faciliter. Cet objet peut aussi être un objet tangible et prendre la forme d’un jeu, d’une carte mentale, d’un script, etc. En gros, donc, le terme outil narratif désigne pour moi tout ce qui permet de raconter une histoire.

Comme tout bon outil, l’outil narratif possède un « manuel de fonctionnement » propre à chaque outil. Ce manuel compile de manière explicite ou tacite les règles à suivre pour que l’outil puisse donner au récit de la cohérence et qu’on puisse donc y adhérer et y croire. Mais ce dont je veux vous parler, ce n’est pas des outils de la narration dédiés à l’exercice de la littérature. Je me doute bien que vous n’avez pas cliqué sur cette vidéo pour savoir comment on écrit un roman.

Non, ce dont je veux vous parler, c’est du détournement de la fonction première de l’outil narratif à savoir son emploi pour se représenter notre vie, pour construire notre référentiel du monde, notre référentiel sociétal et environnemental. D’ailleurs, j’ai envie de faire le postulat qu’en réalité, la fonction première d’un outil narratif c’est avant tout ça : se raconter notre monde dans la réalité de premier ordre, faisant nécessairement basculer celle-ci dans le second ordre puisqu’elle ne peut être que rapportée.

L’usage des outils narratifs pour la thérapie : Il existe un courant de la psychothérapie qui se nomme « la thérapie narrative ». Son postulat est que les personnes sont construites par des narrations qui sont des constructions groupales, fortement influencées par le contexte social dans lequel elles s’insèrent. L’une des idées centrales découlant de ce postulat étant donc que notre représentation de la réalité et par conséquent notre représentation des problèmes qui peuvent occuper notre vie, ne sont que des histoires, des récits, que l’on se raconte à soi-même et qu’en fonction de nos choix narratifs, certaines croyances peuvent se trouver renforcées ou amoindries par le récit. Tout ça ce n’est pas moi qui le dis, c’est mon psy, Julien Besse, dont je vous invite à voir la vidéo en lien dans la description 😀 (ou en bas de l’article)

Mais si je le paraphrase c’est qu’il n’y a pas de meilleure synthèse de l’idée cruciale qu’a théorisé la « psychothérapie narrative », que je me réapproprie ici en vous parlant d’outils narratifs.

Vous avez maintenant une idée plus claire de ce qu’est un outil narratif et vous pouvez aussi concevoir comment s’en servir dans un but précis. Mais savoir se servir d’un instrument, grosso modo, c’est bien. Le maîtriser, c’est plus complexe. Et à mon sens, les outils narratifs sont de la catégorie « easy to play, hard to master ».

Et pour les maîtriser, je suppose qu’il faille comprendre comment ils fonctionnent lorsqu’ils marchent de manière autonome, c’est-à-dire lorsqu’on les emploie inconsciemment. Je suppose même qu’il faut aller jusqu’à aiguiser sa perception pour déceler quand est-ce que s’enclenche en nous le mode automatique du logiciel « je raconte une histoire ». Et ça, messieurs dames, c’est le début de la métacognition et de la zététique. Alors, je lève un doute pour ceux qui pensent que j’ai des chevilles de la taille d’un tronc : je ne prétends pas maîtriser les outils narratifs. Mais j’ose espérer avoir un peu d’expérience.

Quel outil choisir : Une fois qu’on a fait le travail de prise de recul nécessaire pour sortir de la narration en mode automatique – autrement dit, une fois qu’on est plus le personnage de sa vie mais le narrateur -, il est possible d’envisager d’aller encore un peu plus loin et de ne plus être le narrateur mais l’auteur.

Et je vous arrête tout de suite, je ne reprends pas ici le discours éculé que l’on retrouve sur les réseaux : « Deviens l’acteur de ta vie ». Je ne cherche pas à vous faire croire que vous pourrez avoir plus de contrôle sur votre vie en suivant mes conseils ou en achetant mes formations (mais achetez quand même mes formations).

Non, je pense qu’un auteur est au service de son histoire et a pour mission de retransmettre fidèlement, selon les règles de son univers, un récit qui très souvent est déterminé par qui il est et dans quel contexte il a grandi. On est donc loin de l’illusion de contrôle de sa vie. MAIS, un auteur a le recul nécessaire pour choisir ses outils, avoir une vue d’ensemble du récit et en somme entrer dans le méta récit.

Pour sortir de la métaphore et revenir à du concret : je véhicule depuis maintenant 10 ans mon récit du monde qui se base sur l’animisme, la connexion à la nature, la spiritualité et tout et tout. (Oui. Je fais ça.)

J’en suis à une phase de mon chemin où finalement, le fameux boomerang m’a fait douter de mon récit et même… le renier. MAIS ! Pas de récit, pas de vie. Pas de sens, pas de vie.

Je vais être cru, mais dans ce genre de cas il n’y a pas beaucoup d’options. Soit on retrouve un récit puisque notre psyché l’exige et en a besoin soit on reste dans la vacuité et le néant et on va au mieux devenir aigris, au pire… dépression, idées noires, idées suicidaires… Vous voyez le tableau.

J’ai donc cessé d’être le narrateur de mes histoires et je me les réapproprie aujourd’hui : non, je n’y crois plus avec autant de ferveur et de naïveté qu’un lecteur conquis. Mais oui, j’ai décidé d’en retirer la substantifique moelle parce que ces histoires m’ont fait grandir, ont donné du sens à ma vie et ont nourri ma joie.

La désillusion n’est pas un processus évident : remettre en question son modèle de pensée est d’une violence inouïe. Notre biais de confirmation et notre biais d’engagement travaillent main dans la main pour préserver une représentation cohérente et surtout déjà connue du monde alors même que cette représentation s’effondre. Un autre point difficile lors de la désillusion : on aurait envie de se jeter corps et âme dans un autre modèle de pensée et de rejoindre une autre narration. Mais on a peur de « se tromper ». C’est souvent là qu’on est mûr pour finalement cultiver un esprit critique non dogmatique : au cœur de l’incertitude et du doute. (Vous vous souvenez, la citation de Kant au début).

Car finalement, mon opinion aujourd’hui est que tous les outils narratifs peuvent se révéler être de bons outils et que c’est le contexte qui doit nous faire préférer l’un ou l’autre. Pour faire une analogie, disons que le modèle de pensée scientifique est une visseuse, le modèle de pensée religieux un marteau. Si le marteau est la meilleure technologie pour enfoncer un clou, reste que la visseuse pourrait servir à la même tâche, non sans dommage. Idem, on pourrait toujours enfoncer une vis à coups de marteau, mais bonjour le résultat. Si les deux servent à joindre efficacement des bouts de bois, reste que la vis et la visseuse sont des technologies bien plus efficientes. À moins qu’un jour vous ne vous retrouviez sans courant. Ou qu’il faille faire un assemblage de petites pièces de manière précise et esthétique. Dans ce cas, mieux vaut de petites pointes qui n’éclateront pas le bois et seront extrêmement discrètes. Et donc, mieux vaudra employer un marteau. Oui, vous l’aurez compris, je fais partie des relativistes.

En résumé :

1- Un outil narratif est un moyen utilisé pour raconter notre vie ou le réel, façonnant ainsi notre perception du monde.
2- Ce peut être un objet tangible, un support ou au contraire un concept, une discipline, un modèle de pensée. (Par exemple, un jeu de société comme celui de « graine de rêve » destiné à l’usage en thérapie est un outil narratif bien concret et tangible. L’animisme est, au contraire, un modèle de pensée, une narration intangible. Mais tous deux sont des outils narratifs.)
3- Chaque outil a ses spécificités, son manuel de fonctionnement et ses règles intrinsèques tacites ou explicites permettant de donner de la cohérence au récit et de nous y faire adhérer.
4- Ces outils peuvent être utilisés consciemment, mais le sont le plus souvent inconsciemment. (Le fameux easy to play, hard to master).
5- Ils peuvent, dans l’absolu, être interchangeable, mais sont contextuellement efficaces: notre fameuse analogie de la visseuse et du marteau.

Mon postulat aujourd’hui étant donc qu’en faisant cette mise en lumière et en ne plongeant pas dogmatiquement dans nos narrations, il soit possible de faire coexister sainement différentes narrations sans que cela ne devienne dangereux. Mais ça, vous l’aurez compris, il me faudra le développer plus tard.

Voilà pour cette première vidéo de la série « phytosophie » sur les outils narratifs, j’espère qu’elle vous aura plu. Si c’est le cas, laissez un petit pouce bleu, partagez la vidéo à votre entourage et n’hésitez.

Pour me rejoindre sur les réseaux:  https://coeur-de-chene.fr/mes-liens/

Pour vous abonner à ma newsletter: https://coeur-de-chene.fr/newsletter/

———————————-

La vidéo sur la psychothérapie narrative:
   • La Thérapie NARRATIVE Expliquée Simpl…  
La vidéo sur « graine de rêve:
   • Découvrez un Outil Narratif Puissant …

Simon THEL

Simon THEL

Praticien en herboristerie - éducateur nature

partager l'article sur les réseaux:

Les autres articles

S'inscrire à la Newsletter